Éviter le mode du journal serait une des moindres choses à faire quant on écrit ici, dans la blogosphère avide d’aveux intimes et, si possible, scandaleux. Éviter la frivolité, l’exhibitionnisme, la mise à plat de nos petites misères, voilà un minimum que l’on peut faire pour ne pas tomber dans la vulgarité, pour ne pas succomber à la pression d’un public imaginaire et vampire. Ce ne serait pas une sortie de l’anonymat qu’on réaliserait, mais une entrée honteuse dans la promiscuité d’un scandaleux juteux pour les sangsues dont nous ferions partie nous-mêmes. Ne soyons pas les apôtres de cette nouvelle religion facile de l’image sans imagination, de l’évidence sans preuves, de l’aveu sans expiation. Si la religion est l’opium des masses, l’étalage publique de l’intime en est une forme d’hystérie, une sécrétion avortée, plaie ouverte de l’esprit. Toute expérience qui s’échappe complètement à l’exemplarité ne vaut pas la peine d’être racontée ici. C’est une devise que je me forcerai de respecter.
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Tout cela: écrire des blogs, se faire des pages personnelles, participer à des forums de discussions, se créer des réseaux d’amis, former des groupes de lecture… toutes ses formes de socialisation apparemment non-instrumentale, ne seraient-elles que des expressions de la peur de l’homme moderne face à sa solitude, une fuite de soi dans le groupe, dans l’altérité appropriée à l’intérieur de l’illusion du groupe bon, ombilical, “amniotique”, une recherche du réconfort de l’appartenance pour éviter la confrontation avec l’absurdité de la vie, de son cruel manque de sens ?
Daily funerals
This blog is nothing else but an excuse for me not being able to focus my mind on a single important issue for longer periods of time, not having any access to ideas, not having the will to discipline my mind. This blog is nothing else but an alibi for my intellectual laziness. What am I living: a lazy loneliness or a lonely laziness? Which condition has any dignity left in it? None of them, I guess. Neither of them comes from a (free) choice, especially the latter. Boredom is one of the first signs of despair. Loneliness comes quickly after; and then laziness and abandonment. That’s the way small spirits and little minds die: little by little, ignorant and ignored. Is the virtual world of blogs a resurrection of self through narcissistic reparation?! Not a chance! Rather, a hysterical burial ceremony, repeated again and again with each new text we’re adding.
Maturity is when you abandon all hope of saying something worthwhile to the world and start making jokes about that same hope of others’. Humour becomes a sign of maturity, self-irony becomes wisdom, and total silence, the summum of it. Death can only follow as a necessity and that makes one a God.