Je me remémorai dans l’ordre toutes les scènes que j’avais vues ce jour-là. La foule en cette fin d’année, la démarche particulière de Shimamoto-san, tous les coins de rue, le ciel nuageux, le sac de grand magasin qu’elle tenait à la main, le café qu’elle avait laissé sur la table sans y toucher, les chants de Noël. Une fois de plus, je regrettais de ne pas avoir osé de l’aborder ce jour-là. À cette époque, je n’avais aucune contrainte, ni rien à quoi renoncer. J’aurais pu la serrer dans mes bras tout de suite, nous aurions pu partir ensemble n’importe où. (Haruki Murakami – Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil, Éditions 10/18, p. 174, 2è paragraphe à gauche).
Le regret du geste retenu, des sentiments mis en bocal, de l’insouciance passée, de la liberté des commencements, des possibilités infinies du n’importe où et ailleurs.